Cet édito agrémenté d’un document exclusif que je vous invite à lire, l’audition complète par les gendarmes de Tristan Floriant, premier adjoint à l’époque des faits, démissionnaire après avoir courageusement révélé et fait savoir à Véronique Denizot, procureure, cheffe du parquet de Saint-Denis, par le biais de l’article 40 des faits de harcèlement moral et sexuel, mais pas que, au sein de la mairie de Saint-Paul….

Cet édito a ceci de particulier qu’il est quasi consacré à Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, que vous avez sous le nez ce matin, décalqué par Leroy, qui me rappelait qu’il y avait bien longtemps que le premier magistrat n’avait pas gigoté sur la corde à linge…

Vous remarquerez la batterie de casseroles qui pendouille à ses côtés, sur la corde, histoire de rappeler qu’à l’exemple de l’Huguette Bello, de celles et ceux de sa clique, le Séraphin maire bénéficie d’une protection, d’un parapluie, d’un dôme judiciaire exercé par Véronique Denizot, procureure de la République, cheffe du parquet de Saint-Denis…

Protection judiciaire qui lui a notamment permis, à quelques semaines des municipales, de ne pas être mêlé à cette sordide affaire, de ne pas se retrouver tête et queue basses, écharpe tricolore dans le placard, à la barre du trapèze correctionnel pour des faits de harcèlement moral et sexuel au sein de sa mairie, en compagnie de son ancienne DGS, Valérie Picard, copine d’Huguette Bello, de Sébastien Guyon, troisième adjoint à l’époque des faits, déjà fidèle fayot, serviteur zélé, et Mustapha Omarjee, directeur de cabinet, qui ne l’est pas moins…

Seulement voilà : en dépit de la gravité des faits, de l’importance des mis en cause, de l’épouvantable souffrance des deux victimes qui ont été contraintes de quitter La Réunion, de s’expatrier en métropole, l’une en Creuse, l’autre du côté de Marseille, le procès, pour la deuxième fois, a été remis à plus tard…

Après les municipales sans doute… C’est la deuxième fois que cette affaire aurait dû être jugée, la première fois le 13 juin 2025… Parce que les citations n’avaient pas été distribuées à temps, le procès avait été renvoyé à hier matin, au vendredi 30 janvier 2026…

Cela étant dit, ce deuxième renvoi n’est pas soupçonnable : le tribunal est droit dans ses bottes. La cheffe du parquet, c’est autre chose…

Ce renvoi a été fait dans les règles : demandé en novembre dernier, inscrit au dossier, personne ne s’y était opposé, sous le prétexte que l’avocat de l’harceleur Guyon devait assister à Paris, ce vendredi 30 janvier, à une grande messe, une grande bouffe aussi celle de la Conférence des bâtonniers…

Faute de procès j’ai considéré que cette fine équipe, Séraphin compris ne pouvait s’en tirer ainsi, avec le sourire, en se foutant du monde…Alors que durant des semaines, tôt le matin, tard le soir, et même les week-ends, deux collaboratrices du maire, deux femmes, et pas n’importe lesquelles : Claude Perez, DGA, Martine Hoarau, RH, ont été les victimes d’un méchant trio, déchaîné, diabolique et mis en examen Valérie Picard, Sébastien Guyon, Mustapha Omarjee…alors que leur patron n’allait pas l’être…

Alors que certains poids lourds quittent le navire, mais pas leurs indemnités, à l’exemple d’Alexis Poïnin-Coulin, pour rejoindre Cyrille Melchior, la présence du maire de Saint-Paul, mis en examen, estampillé chef harceleur en tête de sa fine équipe aurait fait un tantinet désordre dans le landernau.

Il n’en a rien été… Merci qui ? Madame Véronique Denizot, procureure de la République…

Indépendamment de la gravité des faits, qui aurait pu conduire au suicide de l’une de ces deux victimes, cette affaire a ceci de particulier - ce dont je ne cesse de vous rappeler - qu’elle révèle la protection inouïe, le parapluie judiciaire exercé par la procureure du parquet de Saint-Denis au bénéfice d’Huguette Bello et d’Emmanuel Séraphin…

Dans d’autres affaires, embauches familiales et politiques, embauches de colistiers et d’assesseurs, ce beau monde recasé dans les lycées du département, mais pas que, après avoir fait virer « comme des chiens » des dizaines d’agents…, c’est la clique au grand complet qui bénéficie de la protection judiciaire de la cheffe du parquet de Saint-Denis : Céline Sitouze, Patrick Lebreton, Évelyne Corbière, Frédéric Maillot, Joé Bédier, Emmanuel Séraphin…

Dans cette affaire de harcèlement moral et sexuel, seul le maire de Saint-Paul a ouvertement bénéficié des largesses, de la protection judiciaire de la cheffe du parquet de Saint-Denis…

Mieux que des mots, d’une explication de texte qui ferait doublon, je vous propose en lecture ce matin cette audition, qui vaut le détour et son pesant de cacahuètes…

Une audition à la suite d’une procédure de signalement, article 40, qui a contraint Véronique Denizot de saisir les gendarmes dans le cadre d’une enquête préliminaire, qui lui aura permis - pas folle la guêpe - de conduire, de diriger seule, de bout en bout, l’enquête, en sautant la case juge d’instruction, celle de l’indépendance judiciaire…

À la lecture de cette audition, d’une lettre aussi que lui avait écrite l’une des deux victimes, vous noterez qu’Emmanuel Séraphin était parfaitement informé des faits de harcèlement contre ses deux collaboratrices, voire qu’il en était parfois à l’origine. Malgré cela, après avoir été entendu en qualité de témoin assisté, madame la cheffe du parquet de Saint-Denis fera en sorte que le maire de Saint-Paul soit immédiatement exfiltré de cette affaire ; les deux enquêteurs, officiers de gendarmerie - un cinq galons, un capitaine- au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du froc, ne piperont mot…

Vous noterez aussi, en parcourant cette audition, que le Boniface d’avocat, historique défense du PCR, de Paul et de Pierre Vergès, est intervenu sans vergogne, histoire de se faire bien voir de l’Huguette Bello, qui ne peut d’ailleurs pas l’encadrer, sans aucun doute à la demande de l’Emmanuel Séraphin, repenti communiste lui aussi, comme la patronne, un renégat dans le vocabulaire stalinien…

Et le Boniface d’avocat de tenter d’influencer Tristan Floriant, auteur de ces révélations, pour qu’il bidonne, modifie ses déclarations aux gendarmes, fournisse un alibi au maire, précise que l’article 40 a été enclenché en accord avec le Séraphin maire…

Véronique Denizot n’a pas jugé utile d’en savoir plus…

Emmanuel Séraphin savait que deux de ses proches collaboratrices étaient quotidiennement harcelées. Ça n’était un secret pour personne : les témoins, vous le lirez, sont nombreux qui le confirment.

À commencer par la DGS de la mairie, Valérie Picard, l’harceleuse morale et sexuelle… Interrogée par les deux officiers de gendarmerie, elle met directement en cause Emmanuel Séraphin lors de son interrogatoire…

À la question des gendarmes de savoir si Emmanuel Séraphin savait : « Était-il au courant des faits de harcèlement moral avant que cela apparaisse dans la presse… ? »

Valérie Picard répondra : « Oui, déjà il m’a convoquée deux fois au préalable. »

Et les gendarmes de persister : « Quelles décisions a-t-il prises pour réagir… ? »

Et Valérie Picard de répondre sans rire : « Il a dit vouloir diligenter une médiation… Je ne sais pas ce qu’il a fait. En tous les cas, il a voté sa protection fonctionnelle… »

Tout est dit. Fermez le ban !

Et Véronique Denizot n’a pas jugé utile de mettre en examen Emmanuel Séraphin.

Même motif, même punition…

Huguette Bello savait aussi, d’autant que c’est elle, maire de Saint-Paul avant de se quimper la présidence de la Région, qui a recruté les deux femmes harcelées… Régulièrement informée par Tristan Floriant, premier adjoint, des faits et gestes des harceleurs, par Séraphin aussi qu’elle a conseillé… Pas un képi, pas un gendarme n’a entendu la présidente de Région, même pas en qualité de témoin…

Véronique Denizot n’a pas jugé utile de faire entendre Huguette Bello…

La lecture de cette audition, de celles des témoins, harceleurs compris, ne se limite pas à décrire les faits, les saloperies, la surcharge de travail, les humiliations, le harcèlement dont ont été victimes ces deux femmes : moral et sexuel pour ce qui concerne Martine Hoarau, moral pour Claude Perez…

Un témoin, madame Turpin, raconte à titre d’exemple aux gendarmes que Sébastien Guyon et Mustapha Omarjee exigeaient de Martine Hoarau des « choses illégales », des « embauches hors procédures », du « clientélisme », préciseront les gendarmes : « ordre de payer des heures supplémentaires effectuées sur le temps de travail », ordre de « payer des billets d’avion… ».

Véronique Denizot n’a pas jugé utile d’en savoir plus…

Tristan Floriant raconte, par exemple, aux gendarmes que Claude Perez, DGA, recrutée par Huguette Bello alors que, fonctionnaire, elle exerçait peinardement à la sous-préfecture de Saint-Paul, était aussi harcelée par vengeance, pour lui faire payer sa probité du temps où, sur ordre de l’Huguette Bello, elle faisait le ménage dans les rangs des employés municipaux…

Parce que Claude Perez, DGA, était parfaitement informée des salaires des uns et des autres, des frais de bouche, d’hôtels et autres billets d’avion, qu’elle aurait pu faire des remarques…

Parce qu’elle avait fait licencier « 8 à 10 % » de jeanfoutres, d’employés municipaux « incompétents », et même en prison…( ?)

Parce qu’elle avait dénoncé le clientélisme ou la prise illégale d’intérêts en marge des embauches familiales pratiquées par certains élus …

Parce que tout cela, Claude Perez, DGA, a gravement dérouillé…

Véronique Denizot n’a pas cherché à en savoir plus…

Cette audition, vous le verrez, fait en final référence au JIR, qui avait déjà révélé à l’époque l’organigramme foireux de la mairie, puis l’affaire, l’article 40 déclenché par Tristan Floriant, puis les embauches, puis tout le reste…

Et j’en termine sur ce sujet, et pour ce samedi, avec quelques embauches réalisées par Emmanuel Séraphin dans le cadre d’un clientélisme forcené qui ne semble pas préoccuper Véronique Denizot, occupée ailleurs, surtout à droite, à faire justice…

Vous noterez, à titre d’exemple, que Gérard Poïnin-Coulin, frère d’Alexis, a fait entrer son fils à la Région, son gendre au collège de Vue-Belle, et sa fille au service électoral…

Que Eddy Puylaurent, employé au Département, a fait embaucher sa femme à l’école primaire de Villèle, son fils au lycée de Vue-Belle, sa fille quelque part, à la mairie ou dans un lycée…

Que David Biclaire a fait embaucher toute sa famille, ainsi qu’une partie de son association, à la mairie de Saint-Paul, bien évidemment…

Que, dans la famille Marie-Annick Agesidame, papa, maman et les deux garçons ont été embauchés à la mairie de Saint-Paul…

Que Christian Clopon a fait employer sa femme, sa fille et son gendre à la mairie… Le gendre travaille à la gestion des déchets, à Cycléa…

Que Jean Thomas, employé au Département, a fait ouvrir les portes de la mairie de Saint-Paul à son épouse, sa fille, son gendre et sa belle-sœur…

Vous comprendrez que, dans ces conditions, face à cette protection, ce parapluie, ce dôme judiciaire dont bénéficient ces élus, tous de gauche - maires, présidente de Région, député, sénatrice, vice-président et tant d’autres…

Alors qu’à droite, les élus se ramassent à la pelle parce que dégommés : Joseph Sinimalé, André Thien Ah Koon, Jean-Paul Virapoulé, Didier Robert… Et même Maurice Gironcel, dont on retiendra qu’il était dans l’opposition à Huguette Bello au moment de son épopée judiciaire…

Qu’il ne l’est plus aujourd’hui, vu que le Momo, depuis qu’il a été condamné, soutient maintenant par intérêt -faut bien vivre- le chouchou de la patronne, le député Frédéric Maillot, intouchable judiciaire lui aussi, candidat à la mairie de Sainte-Suzanne…

Vous comprendrez je le pense que je n’éprouve aucune honte démocratique à ne pas m’époumonner mais à soutenir cette primaire qui se dessine à droite…

À soutenir Didier Robert, qui s’est porté candidat à la mairie de Saint-Paul, au même titre que je le fais avec Cyrille Melchior, même si Didier Robert, déjà condamné, parfois relaxé et dans l’attente d’autres procès…

Ce qu’a fait Didier Robert, les faits pour lesquels il a été condamné, sont du pipi de chat, de la mouise comparés à ceux reprochés à Huguette Bello, aux élus de sa clique aux maires, Lebreton, Séraphin, Joé Bédier, maire de Saint-André dont nous reparlerons très bientôt…

À titre d’exemple, histoire d’enfoncer le clou sur ces intouchables de gauche qui ne doutent de rien, surtout pas de la justice, la Région de l’Huguette Bello, histoire d’emmerder le maire de Cilaos à quelques semaines des municipales, réclame maintenant, sans rire, 159 000 euros à Jacques Técher, maire de Cilaos, sous le prétexte qu’il faisait campagne pour les municipales au lieu de travailler…

Juste vous rappeler, alors que Huguette Bello soutient Laïla Nassibou, candidate à la mairie de Cilaos… Que l’Huguette Bello, Évelyne Corbière, sénatrice, le clan Nassibou, mère, filles et fils, dont Laïla Nassibou, quelques fessues de l’UFR, des faux gendarmes et au moins un vrai, sont accusés, sur plainte transmise au parquet de Saint-Pierre, d’avoir monté une opération visant à faire dire à une sœur de Jacques Técher tout un tas de saloperies sur son frère, après l’avoir séquestrée dans les locaux de l’UFR, fait entendre sur de faux PV par de faux gendarmes, alors que les vrais étaient informés, et patati et patata…

Et je vous quitte jusqu’à samedi prochain, s’il plaît à Dieu, bien évidemment.

J Tillier

jtillier974@gmail.com